Masque larvaire dans la neige avec luge et skis

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Making of the masks

I make each mask by hand. Creating each one involves design, construction, and finishing work, which can vary depending on the model and its specific characteristics.

The larval masks are made from professional-grade papier-mâché. They are thick, sturdy, and resistant to sweat.

They are made using plaster moulds, which gives them a smooth outer surface. Comfort is essential. Each mask is padded with foam and fitted with wide elastic straps, secured with removable rivets. This makes it easy to replace the elastic if needed.

Each mask comes with its own protective pouch.

Throughout the making process, I send you photos of the work in progress. This allows you to follow the mask as it takes shape, step by step.

I can ship masks worldwide.

Looking for something special or a custom-made mask? Tell me about your ideas and your project, I’d be happy to discuss your ideas with you and help bring them to life.

Masque larvaire modèle Amoureux en état de fabrication

Prices

Starting price for a mask:
$ 450 AUD

Larval 3 and 4 :
$ 560 AUD

New designs :
Orders for new designs are quoted individually, based on the project and the specific requirements.

Shipping costs are not included in the prices shown.

These prices are provided as a guide. Please don’t hesitate to contact me for further information or to discuss your project.

Un peu d’histoire concernant les masques larvaires

Les « Larven Masken », ou masques larvaires, sont issus de la tradition du carnaval de Bâle, en Suisse. Ces grands masques, souvent aux formes exagérées ou étranges, sont destinés à être peints et décorés en fonction des personnages qu’ils représentent.

C’est à partir de ces masques du carnaval bâlois que Jacques Lecoq développera ,dans les années 1960, une forme particulière de masque destinée au travail de l’acteur. Il les introduira dans la pédagogie de son école à Paris, où ils deviendront un outil essentiel de la formation corporelle et de l’improvisation.

Dans le travail de Lecoq, le masque larvaire est utilisé dans une forme très épurée : il est généralement entièrement blanc, sans expression définie. Il demeure à son stade « larvaire », c’est-à-dire en devenir de quelque chose. Sa forme n’est pas encore arrivée à maturité. S’il laisse entrevoir une forme humaine, celle-ci reste indéterminée.

Comme il recouvre la totalité du visage, le jeu est essentiellement non verbal. Toute une gamme de gestes, de rythmes et d’émotions doit alors passer par le corps. Le masque invite à entrer dans un univers poétique, hors du commun, où les moindres détails du mouvement prennent de l’importance.

Les masques larvaires sont un véhicule qui permet au comédien d’explorer son imaginaire, les possibilités d’expression de son corps, ainsi que le terrain des sensations et des sentiments. Ils nous apprennent à jouer avec l’évidence. Avec eux, on ne peut pas tricher : le corps devient le principal moyen d’expression.

« Larve » — signification et origine

À Bâle, le mot « Larve » est traditionnellement utilisé en suisse allemand pour désigner le masque de carnaval. Il vient du latin larva, qui pouvait désigner un fantôme, un esprit des morts ou un esprit malfaisant, puis, par extension, une personne masquée ou un masque.

Cette ancienne association entre la larva, les esprits et le masque donne au terme une résonance particulière. Le mot évoque à la fois une présence mystérieuse, un être qui n’est pas encore défini et une figure qui se dissimule derrière un masque.

Dans le contexte du théâtre, cette idée de transformation est particulièrement intéressante : le masque larvaire n’impose pas un personnage précis. Il ouvre au contraire un espace dans lequel quelque chose peut apparaître et prendre forme.

1921 : la naissance de la Künstlerlarve bâloise

Les masques du carnaval de Bâle sont bien antérieurs au XXᵉ siècle. Des témoignages attestent leur présence dès le XVIᵉ siècle. Au XIXᵉ siècle, cependant, les masques utilisés à Bâle ne se distinguaient pas encore fondamentalement de ceux que l’on trouvait dans d’autres régions d’Europe. Une partie importante des masques était alors importée, notamment d’Allemagne, de France et d’Italie.

Un tournant important se produit en 1921.

Cette année-là, la société de carnaval Olympia choisit pour sujet « Moderne Kunst » (Art moderne), une satire de la politique du Kunstkredit bâlois. Le projet prévoyait une larve d’inspiration cubiste. Mais aucun des masques disponibles dans les catalogues des fabricants ne correspondait au projet.

On fit alors appel à Paul Rudin, peintre de lanternes et décorateur de théâtre au Stadttheater de Bâle. Il conçut une nouvelle forme et expérimenta sa fabrication dans les ateliers du théâtre. Après plusieurs essais, il réalisa les premières larves en utilisant notamment des négatifs en plâtre, du papier journal et de la toile de décor collée.

Cette nouvelle technique se répandit rapidement à Bâle. Dès 1922, l’atelier Métraux & Cie. fabriquait des larves selon cette méthode avec l’aide de Paul Rudin. D’autres fabricants apparurent ensuite et contribuèrent au développement d’une véritable tradition bâloise de fabrication des masques.

C’est donc plus précisément en 1921 que naît la Künstlerlarve, ou « larve d’artiste » bâloise, et non le masque de carnaval bâlois lui-même.

Aujourd’hui encore, la Larve constitue un élément essentiel du carnaval de Bâle. Les cliques fabriquent souvent elles-mêmes leurs costumes et leurs masques, qui sont toujours réalisés à la main. Les masques peuvent être très colorés et représenter des personnages traditionnels, des caricatures ou, surtout, le sujet choisi par chaque formation pour le carnaval de l’année.

Du carnaval à la scène

Le masque larvaire que nous connaissons aujourd’hui dans le théâtre est donc une adaptation pédagogique du masque carnavalesque bâlois.

Jacques Lecoq va en transformer profondément l’utilisation. Alors que la larve du carnaval est peinte, caractérisée et intégrée à un personnage précis, il choisit de la laisser blanche et dépouillée. La forme devient ainsi moins un personnage qu’un point de départ pour l’imagination.

Le visage n’étant ni expressif ni véritablement humain, l’acteur ne peut pas chercher à « jouer avec le visage ». Il doit trouver ailleurs les moyens de donner vie au masque : dans la posture, le déplacement, le rythme, l’espace, le regard et l’ensemble du corps.

La simplicité du masque oblige alors l’acteur à simplifier son jeu. Un mouvement minime peut devenir lisible. Un changement de rythme peut transformer complètement la présence du personnage. Le corps devient le lieu où se construit ce que le visage ne peut pas exprimer.

C’est peut-être là que réside toute la force du masque larvaire : il ne donne pas un personnage à l’acteur, il lui donne la possibilité d’en découvrir un.

Personnages traditionnels

Le carnaval de Bâle possède une grande variété de personnages et de costumes traditionnels. Parmi les figures que l’on peut notamment rencontrer, on trouve : Die Alte Tante, Dr Altfrangg, Dr Basilisgg, Dr Blätzlibajass, Dr Dummpeter, D’Elsässere, Dr Glaun, D’Grytte, Dr Harlekin, Die Junteressli, Dr Käschperli, Dr Pierrot, Dr Stänzler, Dr Ueli, Dr Waggis.

Certains de ces personnages ont une longue histoire, tandis que d’autres ont évolué au fil du temps. Le carnaval de Bâle continue également de créer chaque année de nouveaux personnages et de nouvelles formes en fonction des sujets choisis par les différentes cliques.

La Larve demeure ainsi à la croisée de deux mondes : celui de la tradition carnavalesque bâloise, riche de personnages, de satire et de couleurs, et celui du théâtre de Jacques Lecoq, où le masque devient un formidable outil d’exploration du mouvement, de l’imaginaire et de la présence de l’acteur.